Miramont-Sensacq est une petite commune qui a derrière elle une longue histoire. Tumuli de la fin de la préhistoire, villa gallo-romaine, église et châteaux médiévaux des 11e et 12e siècle, bastide créée par les rois d’Angleterre au 13e siècle… par ailleurs elle possède encore quelques témoignages pleins de charme et plus récents d’une vie rurale dont s’éloigne notre monde moderne : coutumes, usages et méthodes d’un passé proche.

XI et XII : un château sur motte [La motte a été détruite au 19e siècle (1881)]
Au début du 12ème le baron de Miramont dominait les paroisses voisines et le seigneur de Miramont était alors le maître du Tursan depuis le 11ème siècle. Il s’appelait « Mauléon » : « Malo Leone », « Méchant Lion ». Miramont était alors plus important que Geaune. Ces seigneurs venaient sans doute de la Soule. Le baron de Miramont s’opposait à l’évêque d’Aire afin de préserver son autorité sur le Tursan. En 1273, Géraud de Castelnau est assassiné par le baron, seigneur de Miramont.

 ➡ 1274 : Miramont est prise par le roi d’Angleterre Edouard 1er qui s’empare du château et l’entoure de remparts et de fossés.
 ➡ 1276 : Miramont devient bastide du roi d’Angleterre Edouard 1er et a un rôle militaire face au Béarn. Un contrat de paréage a été conclu et les Miramontois bénéficient d’une charte de coutumes. Miramont devient bastide pour des raisons stratégiques, comme Pimbo.

En 1305 le roi d’Angleterre, pour garantir ses dettes, donne au seigneur de Castelnau les « revenus et lieux » de Miramont et de Pimbo.
En 1318 est fondée la bastide de Geaune (précédemment Pantagnan, qui se trouvait être un carrefour) par le roi d’Angleterre et en 1322 est signé un acte qui fixe les limites de la bailie (circonscription, juridiction) de Geaune : ente le sénéchal représentant le roi d’Angleterre et le « damoiseau, seigneur de Castelnau, Geaune et Miramont », le seigneur de Miramont est devenu vassal du seigneur de Castelnau. La baronnie de Miramont est incluse dans la Bastide de Geaune. Cependant Miramont et Pimbo restaient des seigneuries en titre, quoique soumises. A partir de 1338 l’Angleterre perd son autorité sur la bailie de Geaune ; en 1399 Richard, roi d’Angleterre, fait don de Pimbo et de Miramont, pour la vie au seigneur de Castelnau du Tursan. En 1414, la bailie de Geaune devient vassale du compte de Foix, vicomte de Béarn et sujette du roi de France, mais Miramont reste aux Anglais.

 ➡ 1560 : construction du château de Sensacq.

A la veille de la révolution, les châteaux de Miramont et de Pimbo comptaient parmi les principaux.
Les guerres de religions furent violentes en Tursan où Geaune était un centre protestant important. Sensacq et Pimbo furent dévastées. Le couvent des Augustins avait acheté la dîme de Sensacq.
En 1790 la bailie de Geaune disparut.
Le 5 Avril 1794, soit le 16 germinal : Proeres, officier de Santé à Miramont, fut condamné à la guillotine pour avoir faussement dénoncé le « patriote » Sarramagnac, agent national de la commune.

Miramont et Sensacq ont été réunies au début du Second Empire.

 


Hélène Balié et son petit groupe de recherche